Le Journal
du Chihuahua

numéro 18, 9 septembre 2007

Le Journal du Chihuahua en pdf

Sommaire


Editorial: le marquis au ras des vagues
Sucesos: Al maratón de Victoria, la abogada Gargamela Iturritxe confesa haber doparse
La chronique de Mister Oli: la machine à remonter dans le temps
The Chihuahua's Word: Gardens of The 21st Century
The Marquis' Eye: Choosing A Luxury Domino Set
The Baby Chi's Ears: Photography for Aristocrats
La crónica mundana: La hierba de Gargamela Iturritxe invadida por los dientes de león


Editorial
Le marquis au ras des vagues

Pendant que le marquis d'Oliveras se promenait en kayak pour tester son équipement de pluie, la rédaction modernisait le journal afin d'homogénéiser la présentation d'un numéro à l'autre et d'automatiser certaines tâches rébarbatives pour mieux se concentrer sur la qualité des articles et laisser la mise en page à un logiciel gratuit très puissant.

Selon le marquis, le défaut typique de toute personne qui écrit aujourd'hui est de copier la technique de ses concurrents, c'est à dire d'utiliser le logiciel Word, bien connu pour son inefficacité et par la faible productivité des rédactions qui l'utilisent.
Le baron de La Freyderie aurait été plusieurs fois la victime facile des facéties de ce logiciel populaire qui aurait effacé une partie de ses Mémoires. Le baron aurait dû ensuite vérifier son manuscrit mot par mot afin de repérer entre quelles phrases le logiciel avait enlevé des chapitres.

Pendant que le baron recherchait les pages perdues, le marquis voguait sous la pluie avec son kayak. Ce voyage qualifié de proof of concept était destiné à montrer que la pluie n'empêche pas la pratique des sports nautiques. Malgré les fortes précipitations de nombreuses embarcations évoluaient sans craindre la montée du niveau de la mer.
Le marquis d'Oliveras près de Pender Harbour en Colombie-Britannique.Le marquis d'Oliveras près de Pender Harbour en Colombie-Britannique.

Le marquis n'a toutefois pas exclu de voyager aussi par beau temps. Il conserverait alors son équipement de pluie pour se protéger du vent et enlèverait seulement le bonnet de douche qui orne son chapeau.




Sucesos
Al maratón de Victoria, la abogada Gargamela Iturritxe confesa haber doparse
Gargamela Iturritxe que ganó el maratón de Victoria la semana pasada, confesó haber doparse con sopa proveída por el marqués de Oliveras.

Interrogado sobre esas bromas, el marqués confirmó muy orgulloso que había hecho una sopa de salud con la grasa acumulada en su extractor. Había desmontado su extractor para limpiar las piezas de toda la manteca que goteaba a través del filtro.

---Todo el gusto de los jabalís, los ciervos, los faisanes, los patos, los pollos asados, las ocas
Unas sobras de sopa de extractor embargadas en casa del marqués de Oliveras.Unas sobras de sopa de extractor embargadas en casa del marqués de Oliveras.

 rellenas de foie gras y trufas---dijo el marqués---
todo el humo delicioso de mis banquetes de los 3 años pasados eran concentrados en la manteca, y decidí hacer una sopa para acordarme una última vez de esas fiestas.

Pues vino la abogada con la perra chocolate. El animal no pudo engullir la sopa porque fue atacado por los chihuahuas del marqués, y tuvo que quedarse en un rincón lejos de la cocina. La abogada tomó un tazón de sopa y se fue a correr, dejando la perra chocolate con los chihuahuas.



La chronique de Mister Oli
La machine à remonter dans le temps

J'ai inventé une machine à remonter dans le temps. Elle a quatre roues et fonctionne à l'essence sans plomb. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, remonter dans le temps est assez facile tant qu'on ne cherche pas à revenir plus de 30 ans en arrière. Cela est dû au fait que le monde se divise en trois: les gens qui cherchent à revenir en arrière, ceux qui y sont parvenus et ceux qui n'ont jamais quitté le passé.

Voyager avec un individu resté dans le passé est si facile que ma machine devient inutile. Il suffit de copier les habitudes dépassées de la personne qui est encore dans le passé et si on arrive à éviter des individus modernes, on peut entretenir l'illusion pendant des années. Mes calculs ont montré qu'on pouvait ainsi revenir 10 à 20 ans en arrière.

Pour remonter à plus de 30 ans en arrière, ma machine s'impose car elle isole le passager des individus datant d'époques plus récentes. Plus en remonte dans le temps, plus les individus anciens 
se font rares. Pour fabriquer une bonne machine à remonter dans le temps, il faut comprendre que le temps n'a pas qu'une seule dimension. À un moment précis on peut se retrouver à plusieurs époques à la fois. On parle parfois d'hypertemps. Toute l'astuce est de filtrer les composantes du temps pour en isoler l'époque recherchée.

Le but de cette machine est donc d'isoler le voyageur dans un habitacle adapté à l'époque à laquelle on veut remonter. Au cours des premiers essais, un voyageur a ainsi pu, en roulant moins de cinq minutes, se retrouver au milieu des embouteillages en plein XXe siècle. Il y est resté plus de deux heures avant qu'on arrive à dégager la machine. Le deuxième essai s'est soldé par un demi-échec: la machine a atteint une époque assez reculée où le voyageur a pu observer des véhicules à 4 roues motrices en pleine ville, preuve qu'il était remonté assez loin, mais il n'a pas pu se garer pour les observer ce qui laisse penser qu'il a réellement vu dans le passé mais tout en restant au XXIe siècle.
Lors d'un troisième voyage plus réussi, notre voyageur temporel s'est rendu à son travail et y est resté plus de huit heures en travaillant avec des techniques d'autrefois. Il a ainsi écrit un rapport avec le logiciel Word. D'après lui, les performances de la version utilisée (2006), indiquent qu'il est parvenu à remonter à la fin du XXe siècle. En discutant avec ses collègues des moyens de transports et de leurs habitudes énergétiques, le voyageur a estimé qu'il avait pu atteindre par moments 1995 ou même 1990. À l'heure du déjeuner, le voyageur s'est lancé dans une étude ethnologique des habitants du passé et a découvert des individus caractéristiques du milieu des années 1960.

Face à ces résultats encourageants, je compte perfectionner la machine pour remonter jusqu'au XVIIIe siècle. Elle aura la forme d'une chaise à porteurs et il faudra revêtir un habit de velours et une perruque à catogan. 




The Chihuahua's Word
Gardens of The 21st Century
Since the maintenance of a lawn according to the current standards requires gas and water, the urban lawn of the 21st century will probably be grassless. Alternate ground cover plants exist but their cost is currently prohibitive to cover areas typically occupied by plain grass. Grass is a cheap solution and could stay cheap in the future if not cut more than once a year and never watered in summer. Grass is bound to become the ground cover of the poor.

However, due to the peculiar taste of urban population, golf style grass is often the goal of apprentice gardeners. With the increase of the prices of gas and water, this target will not be affordable for the majority, and the financial elite 
will be reluctant to spend money to copy the poor.

By the middle of the 21st century, the lawn of rich will demand a high initial investment and almost no maintenance. No artificial watering will be required to keep ground cover alive. No mowing will be necessary. Weeds will not grow under the ground cover. As usual the poor will pay the cost of his poverty while the rich will enjoy the benefits of his valued investment.

Since alternate ground covers require some initial investment, it is critical to choose the right plants to avoid wasting the capital in common garden accessories found in garden centers. Those 
accessories add no value to the garden, are often ugly, and since everyone can buy them, they contribute to the standardization of gardens. A good gardener must strive to create something unique, sustainable and profitable.

A good match of different ground covers will create pleasant colour arrangements. Dwarf bamboos, cotonasters, creeping cypresses, St John's wort or pitosporum meet the requirements of sustainability and a good return on investment. Keeping little strips of grass will remind the visitors of the modest origins of the capitalist who built his fortune on responsible business.



The Marquis' Eye
Choosing A Luxury Domino Set

The Society of International Nobility organized an exhibition of luxury dominoes in Victoria. An impressive collection of onyx and granit sets was displayed. Ruby, emerald, saphir and diamonds are so much used to marks the dots on ebony and mahogany and alabaster and porphyry, that most people come out disgusted by so much luxury and prefer to make their own set out of plain spruce wood. This was propably anticipated by the Society since a mathematical booth was dedicated to the manufacture of dominoes.

The number of pieces in a double-n set obeys the arithmetic formula (n+1)(n+2)/2, which lead to 28 pieces in a double-6 set and 55 pieces in a double-9. The number of dots increases even more dramatically since a double-n set has
n(n+1)(n+2)/2 dots. A double-6 has 168 dots. A double-9 has 495 dots.

An oak domino ready to receive its gems
An oak domino ready to receive its gems.

This booth was designed to make visitors aware of the cost of a set. Since the number of pieces grows like n2 and the number of dots like n3, the
critical issue when making a set a luxury dominoes is the choice of the gem used for the dots. The professor presenting his works gave the example of a coal baron who had initially ordered a double-15 set made out of lapis lazuli with diamond dots. The amazing cost of 136 pieces of lapis lazuli did not impress him but when he realized he could not afford 2040 diamonds, he had the choice between keeping a double-15 set with 2040 topaz dots instead of diamonds or downsizing to a double-12 set with only 1092 diamonds. The coal baron calculated he could display more luxury at a cheaper cost with a plain double-6 lapis lazuli 28 piece 168 diamond set and abandonned the double-15 set idea. 



The Baby Chi's Ears
Photography for Aristocrats

To open a series of conferences dedicated to excellence in aristocracy, the marquis gave an impressive lecture titled ``Photography for Aristocrats'' where he explained that due to their high birth, aristocrats could not afford publishing ugly pictures.

The marquis was first very upset because his lecture was announced as a ``another general talk about photography'' by the Society of Barons of British Columbia (SBBC), as if there had already been too many lectures about photography and as if aristocracy deserved any general talk.

Since photography can be practiced by anyone having a camera, the marquis presented the techniques that made aristocratic photography superior to popular photography. He explained how to put a message in every picture, the first rule consisting in eliminating any picture without a message. Any picture pretending ``just to show things as they look like'' should be regarded as suspicious because it often implied that no message was defined, and in our century flooded with pictures, a picture with no message is a picture we forget.
A picture of the marquis' stairs showing the effort necessary to go down.}
A picture of the marquis' stairs showing the effort necessary to go down.
Among the tips the marquis gave to take successful pictures of aristocrats, avoid the use of the built-in flash since it flattens the face of people. As a result all passport pictures look ugly and nobody can pretend doing any better by using the same technique. Suddenly a common person, who had not listened so far, asked how it was possible to use the flash without damaging faces. The marquis suggested to tape off the flash with electrician's black tape so that no light reaches the subject.

Although this lecture was most useful in our world of mediocrity, most people seem to have focussed their attention on the marquis' legendary humour and few may apply his principles. To the president of the Society who was congratulating the speaker for his performance, the marquis replied: ``What will tell me how good it was is how good your next pictures are going to be.''



La crónica mundana
La hierba de Gargamela Iturritxe invadida por los dientes de león

Después de los daños ocasionados por la perra chocolate, la hierba de Gargamela Iturrixe se está curando, pero empieza a tener más dientes de león que verdadera hierba.

El marqués de Oliveras, que venía so pretexto de ver como se encontraba la perra chocolate, explicó a la abogada lo que era un buen cespéd. Ya se sabe que la abogada ignora todo sobre las cosas del jardín. Por eso el marqués tuvo el tiempo de explicar todo sobre la hierba.

---El cespéd es una cubierta vegetal verde---dijo el marqués restragando las orejas de la perra chocolate---que está compuesto de varias especies de gramíneas y otras plantas que pueden brotar sin morir cuando se las corta con un cortacéspedes. Hay muchas plantas que 
brotan en un cespéd, incluso arboles, pero esas plantas no pueden vivir cuando se las corta bajo. Pero el cortacéspedes no puede cortar los dientes de león que pueden desarrollarse casi sin límites. Lo que hace un cespéd de buena cualidad no es la ausencia de dientes de león o el verdor de la hierba, pero el hecho que muchas especies de plantas puedan brotar juntos sin destruir las otras. El cepéd tiene que ser sólido para aguantar la sequía y los pasos de las gentes o de los animales marrones.

---Tendría que probar un vasito de Burro, el marqués---dijo la abogada---. Es un vino peleón que he traido del Okanagan. Es muy bueno para la salud. Como le dice mi médico forense, hay nada mejor para el cuerpo que un vaso de ese caja antes dormirme. Es verdad que duermo
muy bien con eso en la garganta.

---No lo nego, pero mi médico mío no me permite el vino peleón. Lo siento mucho doña Gargamela, pero solo puedo beber St-Émilion.---Notó que la perra chocolate estaba babeando en sus medias de seda y la empujo afuera.---La composición del césped depende de la tierra, del clima, del sol y de como se la corta. Y también de su edad, por supesto. Siempre hay plantas que brotan mejor en un momento dado. Por eso, tiene que armarse de paciencia, arrancar los dientes de león como su vecino el pintor de brocha gorda, y cortar la hierba no demasiado bajo hasta que se vuelve normal. No tiene que gritar fuego cada vez que el musgo, un helecho o una col brota en alguna parte del jardín.



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