Le Journal | La chronique de Mister Oli, le technicien qui sait Légendes urbaines |
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| De
nombreuses histoires effrayantes circulent facilement sur Internet ou simplement
par bouche à oreille. Elles seraient arrivées à
"l'ami d'un ami" ou "au frère de ma belle-soeur" et sont
présentées comme véridiques, souvent pour avertir
l'interlocuteur d'un danger. Ces légendes urbaines n'ont aucun
fondement. Elles utilisent les peurs collectives de chacun pour
paraître crédibles. Elles sont courtes et directes, et ne
comportent que les détails nécessaires. Une
réflexion simple en imaginant les détails pratiques
montre qu'elles ne sont pas réalistes. Les crocodiles albinos dans les égoûts de New-York, les lentilles du soudeur collées à la cornée, les magasins de sous-vêtements abritant des réseaux de prostitution, les dames blanches au bord des routes, et les cafards tombés dans l'oreille d'un sourd sont courants. On en trouve beaucoup sur les sites francophones, en particulier au québec où elles sont souvent écrites dans un français vernaculaire et quelquefois mal maîtrisé. "Le matelas immaculé de sang", un blessé "interné au CHU" ou une femme délaissée qui | dit "mon marie est partie" sont
courants. On trouve des histoires de fantômes, des membres amputés, des têtes coupées, des amants castrés, des filles violées souvent à leur insu et parfois même à l'insu de leur agresseur, des maris cocus, des femmes trompées, des cambrioleurs, des animaux familiers, des animaux liés aux phobies les plus courantes, rats, serpents, araignées, cafards, fourmis, se développant à l'intérieur du corps humain ou en mangeant un partie, des bébés tués, cuisinés ou mangés, des cadavres, du sang, des psychopathes aux caractéristiques effrayantes, des infections par le virus du sida, des virus informatiques, des caméras cachées, des groupes criminels tout-puissants pouvant frapper n'importe qui, ou simplement des produits quotidiens détournés de leur usage normal. Étant donné le titre de ce journal je ne peux éviter de mentionner la légende du petit chien du Mexique, tout mignon, ramené par un couple de québécois, qui s'est avéré être un rat d'égout mexicain qui a fini par manger le chat et a failli grignoter le | bébé. Les victimes sont en majorité des femmes, jeunes en général, suivies des couples, des bébés et des enfants. Les agresseurs sont le plus souvent des hommes ou des maris trompés, des babysitters, des femmes parfois. La technologie est aussi impliquée. On trouve surtout des caméras, des ordinateurs et Internet, mais aussi des fours à micro-ondes et des voitures. Les sauveurs sont le plus souvent des policiers, des médecins et des vétérinaires. Comment détecter une légende urbaine? Elle arrive souvent à l'ami d'un ami, on ne dispose pas de détails permettant de la vérifier, elle est facile à croire et elle fait peur. En réfléchissant un peu ou en faisant des recherches, on peut facilement infirmer ces histoires ridicules. On trouve parfois plusieurs versions de la même histoire. J'en ai trouvé deux pour le chihuahua qui était en fait un rat. Il n'y a pas de tarantules dormant dans le pot du yucca car ces yuccas tropicaux sont importés en bûches et |
bouturés dans de la terre locale.
Il n'y a pas de crocodiles albinos dans les égoûts de New York parce
que les animaux sont albinos de naissance et ne le
deviennent pas à cause de l'obscurité. Les réseaux
de prostitution recrutent dans des familles décomposées et
deshéritées et ont des techniques suffisemment efficaces
et sûres pour ne pas avoir recours aux méthodes
compliquées véhiculées par les légendes.
Les cafards et les araignées ne pondent pas dans les oreilles ni
dans les plaies. Enfin les volatiles dames blanches auto-stoppeuses et
autres fantômes n'apparaissant que sur les photos se contenteront
de l'explication de Jacques Prévert à propos des
religions: "C'est pas vrai!" Références membres.lycos.fr/rosebleue69 radio-canada.ca/branche/v4/v4b/120/ mythes.html pages.infinit.net/ginov/legende.htm www.lousonna.ch/indexlegende.html www.snopes.com 8 avril 2005
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