Le Journal
du Chihuahua
numéro 4, 9 avril 2005


Sommaire


Editorial: rude concurrence
La chronique de Mister Oli: légendes urbaines
The Chihuahua's Word: units
Imitations: l'histoire de la limace empoisonnée (d'après les fabuleuses aventures du lutin des bois)
The Badger's Chronicle: how to make a good poutine



Editorial
Rude concurrence


Notre concurrent direct le Journal du Mouton n'en finit pas de nous couvrir de boue pour défendre son audience déclinante. De nombreux lecteurs lisent en effet les deux journaux et nous envoient constamment des comparaisons défavorables au Mouton.
En premier lieu, on lui reproche son mauvais papier qui gaspille les ressources de la planète. En second lieu, une grande majorité de lecteurs anglophones déplorent que le Journal du Mouton ne paraisse qu'en français et sont ainsi dans l'impossibilité de se moquer de lui.
Un lecteur de Vancouver nous écrit: "À la recherche d'une formule depuis quatre numéros, le Journal du Mouton n'arrive pas à sortir de l'ornière."

Afin de bloquer toute tentative de récupération malhonnête de la part
du baron de la Freyderie et de sa clique de basse-cour, nous avons pris comme emblème de notre rubrique bouffonne, le blaireau. Ce sera soit "la chronique du blaireau" soit "the badger's chronicle" selon la langue de l'article.



La chronique de Mister Oli, le technicien qui sait
Légendes urbaines
De nombreuses histoires effrayantes circulent facilement sur Internet ou simplement par bouche à oreille. Elles seraient arrivées à "l'ami d'un ami" ou "au frère de ma belle-soeur" et sont présentées comme véridiques, souvent pour avertir l'interlocuteur d'un danger. Ces légendes urbaines n'ont aucun fondement. Elles utilisent les peurs collectives de chacun pour paraître crédibles. Elles sont courtes et directes, et ne comportent que les détails nécessaires. Une réflexion simple en imaginant les détails pratiques montre qu'elles ne sont pas réalistes.

Les crocodiles albinos dans les égoûts de New-York, les lentilles du soudeur collées à la cornée, les magasins de sous-vêtements abritant des réseaux de prostitution, les dames blanches au bord des routes, et les cafards tombés dans l'oreille d'un sourd sont courants. On en trouve beaucoup sur les sites francophones, en particulier au québec où elles sont souvent écrites dans un français vernaculaire et quelquefois mal maîtrisé. "Le matelas immaculé de sang", un blessé "interné au CHU" ou une femme délaissée qui
dit "mon marie est partie" sont courants.

On trouve des histoires de fantômes, des membres amputés, des têtes coupées, des amants castrés, des filles violées souvent à leur insu et parfois même à l'insu de leur agresseur, des maris cocus, des femmes trompées, des cambrioleurs, des animaux familiers, des animaux liés aux phobies les plus courantes, rats, serpents, araignées, cafards, fourmis, se développant à l'intérieur du corps humain ou en mangeant un partie, des bébés tués, cuisinés ou mangés, des cadavres, du sang, des psychopathes aux caractéristiques effrayantes, des infections par le virus du sida, des virus informatiques, des caméras cachées, des groupes criminels tout-puissants pouvant frapper n'importe qui, ou simplement des produits quotidiens détournés de leur usage normal.

Étant donné le titre de ce journal je ne peux éviter de mentionner la légende du petit chien du Mexique, tout mignon, ramené par un couple de québécois, qui s'est avéré être un  rat d'égout mexicain qui a fini par manger le chat et a failli grignoter le
bébé.

Les victimes sont en majorité des femmes, jeunes en général, suivies des couples, des bébés et des enfants. Les agresseurs sont le plus souvent des hommes ou des maris trompés, des babysitters, des femmes parfois. La technologie est aussi impliquée. On trouve surtout des caméras, des ordinateurs et Internet, mais aussi des fours à micro-ondes et des voitures. Les sauveurs sont le plus souvent des policiers, des médecins et des vétérinaires.

Comment détecter une légende urbaine? Elle arrive souvent à l'ami d'un ami, on ne dispose pas de détails permettant de la vérifier, elle est facile à croire et elle fait peur. En réfléchissant un peu ou en faisant des recherches, on peut facilement infirmer ces histoires ridicules. On trouve parfois plusieurs versions de la même histoire. J'en ai trouvé deux pour le chihuahua qui était en fait un rat.

Il n'y a pas de tarantules dormant dans le pot du yucca car ces yuccas tropicaux sont importés en bûches et
bouturés dans de la terre locale. Il n'y a pas de crocodiles albinos dans les égoûts de New York parce que les animaux sont albinos de naissance et ne le deviennent pas à cause de l'obscurité. Les réseaux de prostitution recrutent dans des familles décomposées et deshéritées et ont des techniques suffisemment efficaces et sûres pour ne pas avoir recours aux méthodes compliquées véhiculées par les légendes. Les cafards et les araignées ne pondent pas dans les oreilles ni dans les plaies. Enfin les volatiles dames blanches auto-stoppeuses et autres fantômes n'apparaissant que sur les photos se contenteront de l'explication de Jacques Prévert à propos des religions: "C'est pas vrai!"

Références
membres.lycos.fr/rosebleue69
radio-canada.ca/branche/v4/v4b/120/
                                                     mythes.html

pages.infinit.net/ginov/legende.htm
www.lousonna.ch/indexlegende.html
www.snopes.com
8 avril 2005
 



The Chihuahua's Word
Units
The international unit system is a coherent system of measurement units that follows rules.

When the unit is named after a person (volt comes from Alessandro Volta) the abbreviation takes a capital letter (V for volt). The name of the unit, however, does not  (120 volts and not 120 Volts).

When the unit is not named after a person (gram), the name of the unit still does not have a capital letter and the abbreviation does not take a capital letter either (g for gram).

Multiplicators (such as milli, kilo, mega) have abbreviations that can be capital or small letters (m for milli, M for mega). This does not follow the rule with the name of the person because multiplicators are not units.

K stands for kelvin (from William Thomson, lord Kelvin), g stands for gram (Zénobe Gramme invented DC current machines and not the gram), and therefore Kg stands for kelvin-gram and not kilogram (kg).

Abbreviations do not take plurals, you write 120 V
and not 120 Vs, 60 Hz and not 60 Hzs, 10 kg and not 10 kgs.

Imperial units do not follow these rules. You can write 10 lbs for ten pounds. The pound is a unit of weight and not of mass. The international unit of mass is the kilogram and the international unit of weight is the newton. Therefore converting pounds into kilograms is as illogical as converting miles into litres.

Litre however is the only unit not to follow the capital letter rule. It used to be abbreviated as l, but the American could confuse l, 1 and I in their confusing way of writing them with a single bar. Litre is now abbreviated L though there is no Mr Litre.

Multiplication and division of units do not have the same symbol. Multiplication is represented by a point or by nothing at all (Nm for newton-metre, kWh for kilowatt-hour). Division is usually reprented by a slash. Speed can me measured in kilometer per hour (km/h) and certainly not in kilometer-hour (kmh). Energy can be measured in kilowatt-hour (kWh) whereas kilowatt per hour 
(kW/h) does not represent anything.

This is not a problem with imperial units where speed can be measured in anything, mile per hour, mph, mphs or delinquent units such as kph.

The imperial system can be used to buy vegetables but is very awkward for science because there is no coherence between units. The international unit of torque is the newton-meter (Nm). The one of energy is the joule (J). Although those two units come from the multiplication of newtons and meters, they do not represent the same thing. The imperial system makes the distinction by calling foot-pound (ft.lb) the unit of energy and pound-foot (lb.ft) the unit of torque. Making a distinction between ft.lb and lb.ft goes against the rule of commutativity of the multiplication. It is not surprising that most catalogs of torque-wrenches always give specifications of torque in foot-pound (ft.lb, ft.lbs, ft.lbf or ft.lbfs) instead of pound-foot. lbf would stand for pound-force as an attempt to use pound (lb) as a unit of mass whereas the imperial unit of mass is the slug and it has no abbreviation. 



Imitations
L'histoire de la limace empoisonnée (d'après les fabuleuses aventures du lutin des bois)
Chop se dit qu'il était dans la tanière d'une Vorasse. Il était attaché et une voix lui dit:
--- Ce n'est que maintenant que tu te réveilles?
--- Oui, puisqu'avant je dormais. Qui êtes vous?
--- Je suis Iseblonde la limace. Désormais tu travailleras pour moi. Tu devras creuser cette galerie et en extraire des dominos jusqu'à ce que tu trouves le double-six.
Chop se mit au travail, et au bout d'une heure il s'aperçut qu'il ne trouvait pas de dominos mais seulement des cuisses de poulet, car c'était une mine de viande fraîche.

Le soir venu, il n'avait pas trouvé le double-six. Iseblonde arriva et lui dit:

--- Tu as mal travaillé. Tu n'auras pour tout repas que cette demi feuille de salade verte.
Mais Chop n'aimait pas la salade et d'ailleurs il n'avait plus faim parce qu'il avait mangé toutes les cuisses de poulet qu'il avait extraites.

Il se coucha par terre pour dormir et sentit quelque chose de dur dans sa poche. C'était un granulé empoisonné comme on en utilise pour empoisonner les limaces. Il le plaça à côté d'Iseblonde qui dormait. Elle se réveilla et mangea le poison.
Elle se mit à se tordre de douleur et à transpirer et elle mourut.

Chop chercha la sortie mais fut arrêté par un bouchon de glu qui bloquait l'entrée de la grotte et il fut terrifié de peur à l'idée de rester bloqué avec cette limace morte qui sentait déjà la charogne.





The badger's chronicle
How to make a good poutine

Poutine is a speciality from Quebec that consists in French fries doused with gravy and covered with molten cheddar.

1. Make French fries and soak them into cold water for 30 minutes.
2. Prepare gravy.
3. Drain the fries. 
4. Pour the gravy on the fries.
5. Put everything in the fridge overnight.
6. Cover the fries with 1 inch of shredded cheddar.
7. Put them in the micro-wave 3 to 5 minutes until the cheese is completely molten.

Enjoy!