Le Journal
du Chihuahua
numéro 5, 26 avril 2005


Sommaire


Editorial: critiques habilitées
La chronique de Mister Oli: la mer d'Aral se meurt, la mer d'Aral est morte
The Chihuahua's Word: how to manage a chihuahua
Imitations: the history of the poisonned slug (after the sect of Sybaritology)
La chronique du blaireau: le baron de La Freyderie prit en flagrant délit



Editorial
Critiques habilitées


Traditionnellement, le Journal du Chihuahua paraît après le Journal du Mouton ce qui explique ce retard de parution.

Pendant cette attente,  nos lecteurs nous ont écrit. "Sortez donc votre journal avant le Mouton", nous écrit Mme M. de Parissy-Tremblay, "et poussez-les à la faillite", ajoute-t-elle exaspérée par le vide sidéral des colonnes de notre concurrent direct.
De son côté, M. P. de Whitehorse passe son temps à décortiquer nos publications sans en lire un seul mot: "Dans le Journal du Chihuahua, il n'y a que des articles en français. Ne parlant pas cette langue, je m'interroge sur l'utilité de tout cela." Sans doute s'agissait-il d'un numéro du Journal du Mouton. À l'attention de M. P., nous avons donc inséré plus d'images afin de garder un lecteur minutieux.
L'article sur les chihuahuas nous a été demandé par une lectrice de Vancouver qui se plaignait de son chihuahua dont elle n'arrivait pas à se faire aimer. Notre enquête a montré ses incroyables fautes et s'adresse aux personnes maladroites qui n'ont aucun sens des réalités.

L'imitation de la semaine s'inspire d'un article issu d'une publication sectaire. Seul les membres de cette
secte comprendront de quoi il s'agit car il faut avoir suivi une longue formation pour comprendre toute la profondeur des discours amphigouriques du gourou.



La chronique de Mister Oli, le technicien qui sait
La mer d'Aral se meurt, la mer d'Aral est morte
La mer d'Aral se vide depuis les années 1960 sous l'effet de l'irrigation abusive du riz et du coton. L'Amu-Daria et le Syr-Daria ne fournissent plus assez d'eau à la mer d'Aral pour compenser les effets de l'évaporation. La salinité des eaux a augmenté au point d'anéantir toute vie animale dans cette mer qui entretenait jadis une importante industrie de pêche. Le sel laissé sur le fond de la mer asséché est soufflé par le vent et s'en va contaminer les terres agricoles. Au rythme actuel, lisait-on il y a 20 ans il ne restera presque plus rien au siècle prochain. Nous y sommes. Si le niveau de la petite mer d'Aral au nord peut être stabilisé, celui de la grande mer d'Aral continue de baisser au point que la grande mer d'Aral elle même se trouve coupée en deux. Mer d'Aral en septembre 2004L'isthme qui sépare la partie ouest et la partie était autrefois une île perdue au milieu des eaux qui servait de champ d'expérimentation des armes bactériologiques soviétiques et qui est désormais accessible à pied. Les niveaux de pollution dus aux herbicides, pesticides et engrais utilisés sans discernement, atteignent des records
qui favorisent la mortalité infantile et les malformations. Le climat est devenu plus sec et les températures plus extrêmes.

Différents projets ont été proposés, mis en oeuvre ou abandonnés. Le détournement de fleuves sibériens n'a pas résisté à la décomposition de l'Union Soviétique. Des initiatives locales avaient permis la construction d'une digue pour séparer la petite mer de la grande mer, le niveau de la petite mer d'Aral alimentée par le Syr-Daria était remonté mais la digue, construite en sable, a cédé sous la pression des eaux en 1999. Comme il ne peut être question de réduire l'irrigation des cultures du coton, importante source de devises, la mer d'Aral est condamnée à disparaître, ou à se réduire à quelques lacs salés.

Ce que l'on sait moins c'est que dans un passé historique, la mer d'Aral a déjà disparu. Il semble que l'Amu-Daria et le Syr-Daria aient plusieurs fois changé de cours. L'Amu-Daria se jetait alternativement jeté dans la mer Caspienne, dans la mer d'Aral, ou dans les deux à la fois. Strabon parle d'une voie navigable entre la mer Caspienne et la mer d'Aral. Un important barrage a été entretenu pendant des siècles pour partager les
eaux de l'Amu-Daria entre la mer d'Aral et la mer Caspienne.

Il semble que ce barrage ait été détruit par l'invasion mongole et que l'Amu-Daria se soit entièrement jeté dans la mer Caspienne. La mer d'Aral aurait donc déjà disparu au XV° siècle.

Diverses sources écrites, cartographiques et géologiques appuient cette thèse. L'Amu-Daria aurait ensuite rebasculé vers la mer d'Aral.

Références
http://www.iras.ucalgary.ca/~volk/sylvia/OxusRiver.htm
http://enrin.grida.no/aral/aralsea/english/arsea/arsea.htm#1
http://www.fao.org/ag/fr/magazine/9809/spot2.htm
25 avril 2005
 



The Chihuahua's Word
How to manage a chihuahua
Chihuahuas prefer some people and try to avoid others. This is not due to their smell but to the way people handle chihuahuas.

Chihuahuas are not babies. Do not hold them under their armpits like babies. Do not shake them.  You do not shake babies because it breaks vessels in their young brain and you can kill them if you shake them too much, so do not shake chihuahuas either.

Do not talk to them with a shrill stupid voice that is supposed to sound loving, cute or funny. It scares them and instead of liking you better they are waiting that you leave them alone if they do not bite you. The best way to talk to them is to speak normally with your normal voice and say things calmly. Explain the chihuahua what you are doing for example: "Chihuahua, let's put salt in the witch's coffee. If we put enough salt, the coffee will be so dense that her sugar will float on the surface like an ice-cube." Talk as if the animal was involved in the action and do not expect any reaction from the chihuahua.

Do not feed them with human food even if they like
it or if they ask for it. The more authority you demonstrate, the more they will like you because they will feel you are strong and you can protect them. Moreover, most people believe animals prefer the ones who feed them. That is why you must not feed chihuahuas so nobody can say they prefer you because you feed them. If chihuahuas prefer you although you do not feed them, it will be a mark of genuine preference.



Hold chihuahuas on your arm, belly down and back up like a dog, not like a baby and leave it like that as you talk to other people or as you move in the house. Only take a chihuahua if the animal wants to be taken. Most of the time chihuahuas want to sleep and you should leave them alone.
Do not pull their ears, pinch their skin, pull their tail, hold their nose or anything that they are not going to like.

If you decide chihuahuas should not do certain things, do not let them, by no means. Show authority. For example if a chihuahua is not allowed to enter a room, close the door and never let the animal go there. If you do not want them to go through the garden door, keep it closed all the time. Chihuahuas are smart enough to understand logical instructions, but if you start being illogical, they will do things anyhow just like you.

Play with chihuahuas when they want to play and do not force them to play when they want to sleep.

Chihuahuas are efficient and responsible and prefer people who deserve their preference. If after reading all this you keep doing the opposite, either get used to the idea that chihuahuas will not prefer you or get another animal more adapted to your whims. 



Imitations
 The history of the poisonned slug (after the sect of Sybaritology)
I'm going to talk right into the slug. I know you won't like it, but nothing is more acknowledgeable.

I'm being rude, but you know I have to.

A slug, willing to experience a tossover with a snail, suddenly feels an immense grungelessness in her deep-seat. In Sybaritology language, this is called a midway.
The snail, intimately convinced that the slug is having a midway, approaches her from behind her deep-seat. I know it's very painful for you...

Understanding that the snail is going to take part in the tossover, she tells him to wait because she hasn't taken her outinto yet. She opens a box and swallows it using the Flur method.
The snail doesn't waste time and tremends her deep-seat with humorescence. The slug screams for grungelessness, and sweats by midway purpose, so does the snail believe.

I know you are believing the same thing. I know it. However it's not grungelessness she's feeling but burninghood in her stomach. Her outinto was poisonned and the snail 
finishes the tossover as the slug dies. The snail retrieves his self-habitability and  tops out the midway for himself.

I know you take it over, and dream of experiencing a tossover with somebody else, but this is not the coil of a horse-hardener.





La chronique du blaireau
Le baron de La Freyderie pris en flagrant délit

La semaine dernière le marquis d'Oliveras recevait le baron de La Freyderie dans sa somptueuse résidence de Lavaplatas au confins de l'Aragon et des Asturies, célèbre pour ses jardins que le marquis entretient lui-même avec le plus grand soin. Après une visite détaillée du jardin d'été, le baron invitait le marquis pour le remercier de son hospitalité, dans un luxueux restaurant pour y déguster des pommes de terre frites à l'huile d'olive d'Andalousie et recouvertes de fromage fort du Béarn. En lui remettant la note, le garçon dit au baron qu'il devait également laver la vaisselle comme le stipule le règlement imprimé en page 6 du menu, entre la carte des vins et celle des desserts, car selon lui, le baron avait "mangé comme un cochon" et que plus de quarante témoins, tant du personnel du restaurant que de la bonne société des clients, pouvaient affirmer que la conduite du baron se rapprochait plus du bivouac en haute montagne que des réceptions des princes de Monaco.
Ce à quoi le baron répondit qu'il avait l'habitude de consommer le même repas lors de ses courses dans les Pyrénées, mais que se soumettant au réglement, il irait volontiers laver ses assiettes comme lorsqu'il campait chez lui entre les photos du Vignemale et du Pic d'Aneto.

Alors le marquis prit la défense de son collègue et dit: "Veuillez pardonner à Monsieur le baron sa conduite quelque peu béotienne. Il n'est pas habitué aux usages raffinés de la bonne société européenne puisqu'il vient du Québec où les frites au fromage constituent le plat de base du camping à domicile."

Le chef arriva donc en personne pour féliciter le baron de son grand appétit et le libéra de ses obligations en signe de bienvenue.