Pour les débutants
Les débutants qui n'ont jamais observé le ciel à travers un télescope sont nombreux à envisager la construction d'un instrument. C'est un excellent moyen d'apprendre que j'ai testé moi-même.
Quelle configuration choisir?
La configuration
la plus simple est le télescope de Newton. Comme c'est la plus répandu,
on trouve facilement de la documentation. Simple et efficace.
Quels miroirs?
Le miroir principal
est parabolique et le miroir secondaire plan. Acheter les deux en même
temps, le constructeur fournit un miroir secondaire adapté.
Le diamètre (D): il détermine la résolution
maximum
La distance focale (F): c'est la distance entre le centre du miroir
principal et le foyer où se concentrent les rayons qui arrivent perpendiculaires
à la surface. Elle est donnée par le fabricant à 10%
près.
Le rapport F/D: plus il est faible, plus le télescope est
gros et court. Il est aussi plus lumineux et la parabole est plus creusée.
F/D = 4, 5 ou 6 est un bon rapport pour le ciel profond.
La qualité de la parabole: lambda/12 (selon les fabricants) est standard. Les
miroirs de dobsons sont moins bons (lambda/4 ou lambda/8 toujours selon les fabricants). Une qualité
supérieure (lambda/16 ou plus, même remarque ) n'est justifiée que si le ciel
le permet.
L'oculaire
Plusieurs technologies sont
répandues: Kellner, Huygens, orthoscopique, Nagler... Choisir la qualité
orthoscopique minimum pour ne pas être déçu.
La focale (f): 15, 30 ou 50mm selon le grossissement souhaité
Le grossissement (g = F/f): plus on grossit, plus le champ est
réduit. Cela rend l'observation plus difficile car on amplifie les
défauts du télescope et on perd souvent les objets les plus
faciles (Lune, planètes...) Pour commencer, je recommande un grossissement
de 30 à 50 fois.
Le champ apparent (a): 50° minimum avec un oculaire orthoscopique.
Un champ plus grand est confortable, mais il faut pencher la tête pour
voir sur les bords.
Le champ réel (r = a/g): portion de ciel visible dans l'oculaire.
Exemple: F = 750 mm, f = 15 mm, a = 50°, g = 750/15 = 50 fois,
r = 50/50 = 1° soit 2 fois la Lune.
Le coulant: c'est le diamètre de la partie brillante usinée
à 24,50 mm, 31,75 mm ou 50,80 mm. Je recommande 31,75 mm qui offre
plus de choix que 24,50 mm et est moins cher et moins encombrant que 50,80
mm.
Le chercheur
C'est une petite
lunette de 30 à 50 mm de diamètre, qui grossit 7 ou 8 fois
(chercheur 7x50 ou 8x50 par exemple) et qui offre un champ réel de
6 ou 7°. On peut commencer sans, pour étaler les dépenses.
Il est souvent fixé très près du tube, mais il est plus
confortable de le fixer à 5 ou 10 cm de la paroi du tube (bloc bleu
entre le tube noir et le chercheur bleu). Il faut rajouter un pare buée,
cylindre en plastique qui s'emmanche sur le chercheur du côté
du ciel, une radio roulée sur la photo.
Le tube optique
Il est traditionnellement cylindrique, blanc, et fermé. Mais j'ai
choisi de le faire carré, noir et ouvert. D'abord, il est plus facile
de construire un tube carré avec du bois, ensuite, on peut fixer des
instruments plus facilement sur un tube carré. Le blanc est réputé
meilleur pour réduire la turbulence de l'instrument, mais le noir
convient aussi pour l'observation visuelle. Le tube ouvert est plus léger,
facilite les réglages et les manutentions. Si l'optique n'est pas
réglée au début, on voit quand même des images
d'aspect net, mais la résolution est réduite.
Le porte oculaire
Chaque fois qu'on le touche,
on risque de faire bouger le télescope. Le système
de seringues
évite de le toucher. Il doit être précis et sans jeu
perceptible car le mouvement de translation de l'oculaire doit s'effectuer
à 20 microns près. Ce chiffre dépend de la focale du
miroir primaire, du grossissement, du type d'observation, visuelle ou photographique,
mais il montre qu'une simple tige filetée ne suffit pas. Si vous
préférez acheter un porte oculaire à crémaillère
ou à cabestan, vérifiez que la vis n'est pas trop dure à
tourner, sinon vous perdrez l'objet observé à chaque fois.
On voit
ici, une lentille de barlow (point blanc) et l'oculaire (point rouge). La
lentille de barlow sert à doubler le grossissement lorsque les conditions
atmosphériques sont excellentes. Son utilité est contestée.
A noter qu'une rumeur veut qu'oculaire s'écrive avec deux c
(occulaire). J'en profite pour mettre en garde les débutants contre
ce préjugé ridicule.
La monture
Le test des vibrations: taper un coup sec avec un doigt sur le
tube.
Le temps d'amortissement: c'est le temps nécessaire pour
que les oscillations engendrées par le choc ne soient plus perceptibles.
Sur un 115/900 avec une monture standard, ce temps est d'environ 5 secondes.
On estime qu'une bonne monture amortit les vibrations en moins de 2 secondes.
La fréquence des oscillations: si le télescope oscille
lentement, l'oeil peut suivre les mouvements de l'astre observé. S'il
oscille vite, les étoiles apparaissent comme des traits. Une monture
en bois donne une basse fréquence d'oscillation (environ 1 Hz). Une
monture en métal donne une fréquence élevée
(10 Hz ou plus).
Les frottements: on distingue les frottements statiques et les
frottements dynamiques. Lorsqu'on pousse doucement un objet lourd sur une
table, il faut appliquer une certaine force avant qu'il se mette à
glisser: c'est le frottement statique. Une fois qu'il est en mouvement, il
frotte toujours sur la table, mais moins: c'est le frottement dynamique.
En astronomie, il faut réduire le frottement statique au minimum,
le frottement dynamique est souhaitable, il empêche le télescope
de bouger tout seul. Avec un frottement statique trop important, on doit
pousser le tube pour rattraper un astre, mais en poussant trop fort, on va
trop loin et on le perd. Quand on change d'oculaire, le télescope
est déséquilibré, il peut bouger si les frottements
sont trop faibles.