Le Journal
du Chihuahua
numéro 3, 27 mars 2005


Sommaire


Editorial: le Journal du Chihuahua relève le niveau
La chronique de Mister Oli: lapalissades
The Chihuahua's Word: spoonerisms, contrepèteries, Schüttelreime, retruécanos...
Imitations: l'histoire de la limace empoisonnée (d'après Bertrand Schneiter)
Cryptozoologie: nouveaux témoignages



Editorial
Le Journal du Chihuahua relève le niveau


Suite aux plaintes de nombreux lecteurs affirmant que le niveau avait baissé entre le numéro 1 et le numéro 2, la rédaction a mené une enquête et s'est aperçue que nos journalistes s'inspiraient trop du Journal du Mouton. Considérant que le Journal du Chihuahua n'avait rien à envier à son concurrent direct, nous avons abandonné cette erreur et espérons une hausse du niveau immédiate.
Pour éviter de laisser croire que la rubrique de Mister Oli est purement technique, nous avons choisi un sujet littéraire avec une image pour ceux qui n'aimeraient pas lire.

La très populaire histoire de la limace empoisonnée a été maintenue pour mettre en valeur des écrivains inconnus qui méritent sinon qu'on les lise, du moins qu'on les imite.
Pour couper l'herbe sous les pieds à notre concurrent le Contestataire Hilare, le chihuahua a fait un effort particulier pour indiquer ses sources afin que les lecteurs puissent vérifier que le niveau ne baisse pas.







La chronique de Mister Oli, le technicien qui sait
Lapalissades
Jacques II de Chabannes, seigneur de La Palice, maréchal de France, mort en 1525 à la bataille de Pavie est surtout célèbre pour avoir laissé son nom aux lapalissades. Voici comment une complainte populaire est devenue l'origine de ce mot.

     Hélas, La Palice est mort
     Il est mort devant Pavie
     Hélas s'il n'était pas mort
     Il ferait encore envie.


Dans les caractères d'imprimerie de l'époque, le f et le s étaient proches comme le montre cet extrait de la plaisante et ioyeuse histoyre du grand Geant Gargantua de François Rabelais.
  

Ce faisant, le dernier vers a été transformé par une erreur de transcription:

      Hélas s'il n'était pas mort
      Il serait encore en vie.
Références

Site de la ville de Lapalisse dans l'Allier: http://www.ville-lapalisse.fr/presentation.htm
26 mars 2005

Bibliothèque Nationale de France
http://gallica.bnf.fr/
La plaisante et ioyeuse histoyre du grand Geant Gargantua / rev. et augm. par l'autheur mesme
26 mars 2005 



The Chihuahua's Word
Spoonerisms, contrepèteries, Schüttelreime, retruécanos...
Spoonerism is the English word for contrepèterie in French. They have the same meaning but their origin is very different.

A spoonerism is a play on words consisting in exchanging two phonemes to change the meaning of the sentence. Example:

     a well-oiled bicycle
     a well-boiled icicle

The word comes from William Archibald Spooner (1844-1930), Dean of  New College in Oxford who was known to make these slips of the tongue frequently. A spoonerism was originally a mistake and then became a play on words.

In French, it appeared as a play on words. It is found as early as 1532 in Pantagruel by François Rabelais.  Contrepèterie (the word appeared in 1582) means the same inversion:

     Femme folle à la messe
     Femme molle à la fesse (Rabelais)
In French, in English and in Spanish spoonerisms can be made out of whole sentences.

     Go and take a shower    
     Go and shake a tower
    

     Le poète qui rêve est un néant fécond (Hugo)
     Le poète qui rêve est un con faineant

     La tormenta se avecina
     La vecina se atormenta

In German however, Schüttelreime rarely appear as full sentences like the two examples above:

     Ich will dir dieses Schwein schenken
     Da musst du keinen Schein schwenken

In Spanish retruécano has a slightly different meaning. It can be an inversion of two phonemes as seen above but it is also accepted to change, add or remove phonemes, which is not accepted in French or in English.    
     ¿O cuál es más de culpar,
     aunque cualquier mal haga,
     la que peca por la paga
     o el que paga por pecar?
     
     (Juana Inés de la Cruz)

The Spanish retruécano is not considered as a slip of the tongue like in English. It can be a play on words but also a figure of speech.

Hay que comer para vivir, no vivir para comer.

Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger.

References

Diccionario de la lengua española, 22° edición, Real Academia Española, 2003
www.langue-fr.net/index/C/contrepet.htm
www.elhuevodechocolate.com/retruecano.htm
www.fun-with-words.com/spoonerisms.html
www.verseschmiede.com/schuettelreime.htm
March 26, 2005



Imitations
L'histoire de la limace empoisonnée (d'après Bertrand Schneiter)
Élise, la limace, glisse doucement sur un pétale de rose d'automne, plus qu'une autre exquise, lavée par la rosée du matin, reposée, rassérénée. C'est l'heure du petit déjeuner. Combien de fois n'a-t-elle pas contemplé Orion disparaissant au zénith, effacé par les feux de Phaéton!

Élise tourne son regard vers l'ouest. À gauche d'un garaboustos un peu penché, trône Yggdrasil, l'arbre des légendes nordiques, qui, pour avoir défié Thor, fut changé en pinson. De
pinsons, Élise n'en a pourtant jamais vu par ici. Les pinsons sont ici représentés par des rouge-gorges, ô combien souhaitables. Élise aime les matins clairs comme celui-là quand leur chant amphigourique est mis en valeur par l'air cristallin. En fait de rossignol, elle entend Habalard, l'escargot, qui chante une vieille complainte que lui avait apprise son père: "Sah ein Knab ein Röslein rot...", qui résonne comme une note de cannelle qui fait suite à la goutte de rosée délicieuse dont elle vient de se désaltérer comme jadis les  pèlerins qui arpentaient les chemins de St Jacques de Compostelle.

Sans plus attendre elle sort de son sac une violette de Toulouse qui renvoie à son  dernier voyage dans une île du Pacifique sud éloignée de tout, où il n'y avait rien, d'où elle avait malgré tout ramené une bouture de peuplier nain. La branche avait d'abord végété plusieurs années, puis avait connu une croissance spectaculaire avant de donner un arbre immense qui fournit désormait la propolis nécessaire aux abeilles.
La violette était empoisonnée. Élise s'est d'abord débattue, mais quand elle a vu la sueur de son front refléter le soleil visqueux du matin, elle a compris que cette fois elle n'en réchapperait pas.

Méditez, enfants, la fin de votre grand-père Élise qui a choisi de finir son existence en harmonie avec sa nature hermaphrodite.



Cryptozoologie
Nouveaux témoignages


La cryptozoologie est l'étude des animaux cachés ou inconnus. Il s'agit souvent d'animaux imaginaires comme le yéti ou le monstre du Loch Ness mais on découvre parfois de vrais animaux comme le coelacanthe ou le calmar géant.

On nous signale dans le désert d'Arizona, un animal de grande taille
(2m au garrot), à poil longs comme un yack, à oreilles pendantes comme un ovibos qui dévalise les potagers et dévaste les récoltes.

Selon les experts, il pourrait s'agir d'une espèce de chihuahua géant à poils longs, que l'on croyait disparue au miocène et qui semble être devenue herbivore.