Le Journal
du Chihuahua
numéro 6, 21 mai 2005

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Sommaire


Editorial: eksplicassions
Analyse: la naissance d'une étoile
La chronique de Mister Oli: bien planter ses lavandes
The Chihuahua's Word: comparison between a garden and a table
Imitations: histoire de la limace empoisonnée (version légende urbaine)
La chronique du blaireau: les collections du marquis d'Oliveras au musée de la Marmola



Editorial
Eksplicassions

Une lectrice de T. en Haute-Garonne nous écrit à propos des "discours amphigouriques du gourou": "Dans votre journal, il manque un petit lexique pour que chaque mot soit accessible à tous."

On pourrait alors imaginer une sorte de liste de vocabulaire à la fin de chaque article pour expliquer les mots difficiles. Mais ce serait sans compter nos nombreux lecteurs érudits qui se sentiraient offensés de voir que l'on suppose qu'ils ignorent le sens de certains mots qu'ils emploient couramment. Ils soupçonneraient le Journal du Chihuahua d'être un journal amateur, chercheraient la moindre erreur et ne nous pardonneraient pas une virgule en trop.

La solution que nous avons retenue est de créer un
lien vers un dictionnaire pour que chacun puisse chercher les mots qu'il veut. L'érudit cherchera à prendre la rédaction en défaut et l'apprenti apprendra sans vexer personne.

Ainsi, qui voudra s'assurer de la différence entre un homéoptote et une homéotéleute pourra consulter  le Littré qu'il soit chez lui ou dans un cyber-café.

Il existe de nombreux dictionnaires disponibles sur Internet. L'Encyclopédie Larousse donne des définitions tronquées pour les non-abonnés, les dictionnaires de Cambridge pour l'anglais donnent des définitions complètes et mettent l'internaute en relation avec plusieurs dictionnaires spécialisés et bilingues, le diccionario de la lengua española de
la Real Academia Española donne des définitions
complètes avec possibilité de conjuguer les verbes. Lexilogos regroupe plusieurs dicitonnaires français et bilingues. L'encyclopédie libre Wikipedia offre la possibilité de corriger et de créer des articles.

Encyclopédie Larousse
www.encyclopedie-larousse.fr/rechercheGratuite.asp

Cambridge Dictionaries
http://dictionary.cambridge.org

Diccionario de la lengua española
www.rae.es

Lexilogos
www.lexilogos.com/francais_langue_dictionnaires.htm
 
Wikipedia
www.wikipedia.org 


Analyse
La naissance d'une étoile


Initialement destinée à remplir l'intérieur du chihuahua, la tête de la carmela est devenue plus célèbre que son contenant. Elle est d'abord venue orner la fin des articles afin de faire concurrence au Journal du Mouton avec son carré bouffon, elle a été sculptée, et des mécènes la demandent maintenant comme caricature de leur autoportrait. On la trouvera bientôt en porte-clé, couvre-lit, ou chausse-pied.


C'est un phénomène assez courant en bande dessinée lorsque le héros cesse d'être le personnage le plus intéressant. Spirou cède la place à Fantasio, Tintin au capitaine Haddock, Astérix à Obélix et La Freyderie à Mister Oli.

Dans le cas de la carmela cependant, le chihuahua ne lui sert pas de marque commerciale comme Tintin au capitaine Haddock, mais plutôt de porte-greffe.



La chronique de Mister Oli, le technicien qui sait
Bien planter ses lavandes
Deux espèces sont cultivées pour leurs qualités olfactives: la lavandula angustifolia ou lavande fine et la lavandula X intermedia ou lavandin, hybride naturel de la lavande fine et de la lavande aspic, lavandula latifolia, plus grande et plus productive, mais moins odorante.

La lavande fine donne une essence utilisée en parfumerie, plus appréciée que l'essence de lavandin utilisée pour parfumer les produits industriels. Les lavandins, plus productifs, sont les plus cultivés mais sont généralement stériles et ne se reproduisent que par bouturage.

Les espèces disponibles en pépinière sont des hybrides ou des clones.
Les fleurs étant relativement petites et diffuses si on les compare à d'autres plantes comme les marguerites, les iris ou les genêts, il est recommandé de les planter en massifs afin que la quantité et le volume des touffes de fleurs compense leur faible densité en formant un nuage violet animé de bourdons industrieux chargés de pollen.

Le jardinier qui mange plante en général en massifs rondouillards mais le technicien qui sait s'inspire d'avantage de l'agriculture. Il recommande de planter tous les 30 à 50 cm en rangs espacés d'1m50 afin de désherber les allées facilement et de récolter la lavande en sachant où mettre les pieds et les fleurs.
On récole la lavande à la fin de l'été lorsque les essences se sont concentrées dans les graines et on prendra soin de bien la faire sécher avant de l'emballer dans petits des petits sacs en tissu sous peine de moisissure.

Références
www.routes-lavande.com/connaitre/culture.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lavande
15 mai 2005
 


The Chihuahua's Word
Comparison between a garden and a table
In Vancouver's residential areas where houses have a garden, many different styles can be encountered, most of which, like pictures are not organized properly and betray the lack experience of the gardener.

The most popular type of garden is a lawn of grass with no other plants or with a border of flowers pushed against the fence or the walls of the house. This type of garden is easy to maintain as the lawnmower can cut everything in a rectangular area without turning around plants that need to be spared. The main drawback of this style, is that it is flat and does not have any perspective.

Limiting plants on the sides actually looks like a
table where plates, dishes, glasses and cutlery would be located on the edge only, no more than 10 cm from the edge of the table, leaving the middle of the table absolutely empty. Guests would certainly enjoy the tablecloth.

Although it is necessary to plant in the middle of the lawn to make things a little more wavy and natural, some people believe it is not acceptable: the lawnmower would have to turn around all kinds of plants, and it would be too much work to maintain the garden. This is true, in that case those people should never eat with any plates, glasses, or any kind of cutlery, as it is easier to wash the dishes when there are none.

Another technique that is particularly damaging is 
to limit the growth of plants either by pruning them severely or by moving them every year, so that their root system being damaged constantly, plants first try to regrow it before growing above the ground. Plants can also be kept weak and small by  reduced watering in summer. The comparison with a table could be a meal where time is limited to 5 min, which is very acceptable to survive but not to enjoy food.

As people who would eat like that would not like food, people who grow their garden as described do not like plants.



Imitations
 L'histoire de la limace empoisonnée (version légende urbaine)
Une femme très bavarde travaillant au  ministère de la communication qui se plaignait de douleurs à la langue en discutant avec ses collègues s'est aperçue un matin que sa langue avait triplé de volume. Ne pouvant articuler la moindre parole, son mari l'a conduite à l'hôpital. Le médecin ne trouvant aucun signe d'affection l'a envoyée passer un scanner où on a découvert une limace qui se développait à l'intérieur de sa langue.

Le chirurgien l'a extraite à l'aide d'un
bistouri et cherchant une explication avec la patiente, celle-ci s'est souvenue qu'une semaine auparavant, elle avait mangé de la salade dans un restaurant.

Vérification faite, le restaurant en question ne lavait jamais la salade toute préparée. La patiente avait à ce moment là un aphte à la langue. Des larves de limaces se trouvaient présentes dans un lot mal nettoyé et se seraient infiltrées. La chaleur bucchale favorisant la croissance du
gastéropode, la limace se serait développée en quelques jours au lieu de quelques mois dans la nature. La patiente consommait également beaucoup de bière ce qui a favorisé la croissance de l'animal, car la bière contient beaucoup de n-améthylamine, hormone issue du houblon qui stimule la soif et la croissance des mollusques.

Face aux pressions économiques, les restaurants ont tendance à servir de la salade de moins en moins chère,
souvent mal lavée, importée de pays lointains où les normes d'hygiène sont anecdotiques et la plupart du temps contaminée par toutes sortes de germes, crustacés, gastéropodes, coquillages palustres et invertébrés dulcicoles.

Des cas semblables ont été signalés avec des larves de mouches, de scarabées, de cafards, et même des micro-méduses qui parasitaient des huîtres.





La chronique du blaireau
Les collections du marquis d'Oliveras au musée de la Marmola

Le marquis, qui s'est porté acquéreur la semaine dernière de deux sculptures en bois pourri, a décidé de les exposer au musée de la Marmola.

"Il existe deux techniques pour réaliser des sculptures en bois pourri," nous a confié le marquis, "celle dite de Harvard qui consiste à sculpter du bois neuf de son choix et de le laisser pourrir après, et celle dite de Princeton où le sculpteur choisit un morceau de bois déjà pourri avant de le tailler."


La tête de la carmela, bien connue des lecteurs, que le marquis a emportée aux enchères contre un grand fabriquant de lunettes et un des leaders mondiaux de dentifrice. Un des chef-d'oeuvres de l'école de Harvard.

La technique de Harvard permet d'obtenir des objets plus beaux car le bois neuf est plus solide et plus facile à sculpter, mais il faut attendre parfois 10 ans pour que la sculpture arrive à maturité, voire plus s'il s'agit de bois imputrescible. La technique de Princeton est plus rapide mais le travail de l'artiste est plus difficile car le bois se casse facilement.


Le Raven, sculpté selon la méthode de Princeton, montre un fini rustique et des lignes d'une noblesse inégalée.

Quoi qu'il en soit, les collections du marquis fascinent déjà les visiteurs et attirent la jalousie de la rédaction du Journal du Mouton qui aura du mal a faire sculpter son emblème ridicule.